À l’approche de Noël, les listes de cadeaux affluent. Entre phénomènes de mode et objets parfois énigmatiques, difficile pour le Père Noël de ne pas se sentir dépassé.

Comment être sûr de faire le bon choix pour déposer le présent tant attendu au pied du sapin ?

Qu’ils se fournissent en boutique ou sur Internet, les lutins doivent redoubler de vigilance pour ne pas tomber dans le piège des contrefaçons. Chaque année, les croque-mitaines faussaires rivalisent d’ingéniosité pour falsifier les jouets à succès, et inonder le marché de copies à des prix attractifs, afin de séduire les consommateurs. En 2024, les jouets représentaient environ 25% des produit frauduleux saisis par les douanes françaises.

Le phénomène Labubu® illustre parfaitement cette problématique. A mi-chemin entre les Lapins Crétins® et Monchichi ® (alias ‘Kiki le singe’ pour les plus anciens), ce personnage aux dents pointues a été créé en 2015 par l’illustrateur hongkongais Kasing Lung. Ces deux dernières années, la créature s’est transformée en véritable tendance grâce au géant du jouet Pop Mart.

Marque de l’EUIPO n° 019246490 déposée par Pop Mart le 15 septembre 2025

Peluches à collectionner vendues dans des boîtes mystères, figurines, porte-clés… difficile d’échapper au petit monstre poilu devenu, en un temps record, un incontournable des réseaux sociaux et des cours de récré. Déclinée sous toutes les formes, la peluche Labubu s’est imposée comme l’un des objets les plus convoités de 2025 et, inéluctablement, figure aujourd’hui parmi les articles les plus contrefaits saisis par les douanes.

Ces derniers mois en France, les autorités ont intercepté un nombre record de ces petits personnages plus ou moins bien imités, en particulier sur les marchés estivaux. Le 31 juillet 2025, les douaniers de Dunkerque ont contrôlé un camion en provenance de Grande-Bretagne, transportant près de 25 000 peluches d’origine chinoise. Emballages de piètre qualité, fautes d’orthographes douteuses – ‘POP MART’ devenu ‘PAP MORT‘ ou encore ‘COCA COLA’ mué en ‘CACA COLA’ – ne laissaient aucun doute quant au caractère contrefaisant de ces marchandises. Le lendemain à Mulhouse, c’est encore près de 20 000 fausses Labubu qui ont été interceptées dans un camion en provenance d’Espagne. Tous les exemplaires ont été détruits, après consultation du véritable titulaire de la marque.

Noël approchant, le phénomène ne fait que s’intensifier et les contrôles se multiplient. Le 30 octobre dernier, les douanes annonçaient avoir saisi près de 56 000 jouets contrefaits en région parisienne, dont des milliers de prétendues Labubu. En cette période de l’année, les autorités en appellent donc à la vigilance de chacun.

Concrètement, quels sont les risques liés aux contrefaçons pour les consommateurs ?

Au-delà des atteintes portées aux intérêts des fabricants légitimes, ces produits contrefaits peuvent présenter des risques réels pour la santé. Il est important de ne pas succomber aux prix attractifs des contrefaçons de jouets, pour privilégier les originaux.

Bien souvent, les contrefaçons s’avèrent être de très mauvaise qualité, sans compter qu’elles s’affranchissent des normes de sécurité et échappent à tout contrôle de conformité. Incertitudes quant à leur composition, matériaux inadaptés ou produits toxiques, risques d’ingestion ou d’étouffement, possibles défauts électriques…. ces copies peuvent se révéler extrêmement dangereuses pour le grand public, en particulier pour les enfants.

Par ailleurs, en cas de malfaçon, il est généralement impossible de se retourner vers le fabricant contrefacteur. A l’inverse, les marques légitimes soumettent leurs produits à de nombreux tests, elles offrent très souvent des garanties et un services après-vente, auxquels l’acheteur peut faire appel lorsque le jouet présente des anomalies.

Alors, quels sont les bons réflexes à adopter pour ne pas déposer de contrefaçons au pied du sapin ?

Quelques bonnes pratiques peuvent être mises en place afin de ne pas se laisser duper :

Vérifier la cohérence du prix

Les calendriers divergent selon les régions, mais les demandes doivent généralement être déposées dans le courant de l’été pour une publication en fin d’année. Les marques demeurent sur la liste pour une durée de 3 ans.

Contrôler l’emballage

Fautes d’orthographe, carton peu résistant, absence d’informations légales ou de logo CE sont autant d’indices permettant de repérer un produit illégitime.

Observer le jouet

Finitions approximatives, matériaux de mauvaise qualité, coutures lâches, couleurs irrégulières… des défauts aussi grossiers sont assez révélateurs.

Privilégier les circuits officiels

Se fournir dans des magasins reconnus, sur les sites des marques ou auprès de revendeurs est encore le meilleur moyen d’éviter les pièges.

Corrélativement

Eviter les places de marché sans garanties et rester vigilant face aux vendeurs tiers non identifiables.

Et en tant que titulaire de marque, comment protéger ses produits et lutter contre les contrefaçons ?

Plusieurs leviers peuvent être mobilisés :

Protéger ses actifs immatériels
  • Déposer sa marque, des dessins et modèles pour protéger l’apparence de l’objet lorsque les conditions sont réunies, procéder à des constats d’huissiers préventifs, voire même déposer des Copyrights dans les pays connaissant cette protection (rappelons toutefois qu’en France, le droit d’auteur nait automatiquement dès la création de l’œuvre, sans nécessité de dépôt formel).
  • Mentionner clairement sa marque, telle qu’enregistrée, sur tous ses produits et packagings, veiller à son usage conforme sur l’ensemble des supports de communication, publicités et éléments marketing.
Solliciter les autorités douanières
  • Déposer des demandes d’intervention auprès des douanes françaises ou étrangères pour faciliter l’identification des contrefaçons (voir en ce sens notre page dédiée à la saisie et aux demandes d’intervention douanières 👉 https://www.santarelli.com/agir-pour-votre-protection-intellectuelle/saisie-douaniere-propriete-intellectuelle/ ).
  • Transmettre des fiches techniques, des visuels comparatifs et informations clés permettant aux douaniers de distinguer les originaux.
  • Collaborer avec les douaniers et les services de police lorsque, après avoir intercepté des produits suspects, ils sollicitent les détenteurs des marques.

En agissant de la sorte, les titulaires de droits défendent non seulement leurs propres intérêts, mais aident également à garantir la sécurité des consommateurs.

Conclusion

Alors n’ayons pas peur des monstres gentils, mais méfions-nous de leurs dangereux sosies qui peuvent se glisser dans la hotte. La lutte anti-contrefaçon est l’affaire de chacun afin de garantir des cadeaux sécurisés et des fêtes vraiment joyeuses.

Mieux vaut privilégier les produits légitimes, et réserver les copies hasardeuses au douanier Père Fouettard.

Nos Conseils en propriété industrielle sont à vos côtés pour protéger les créations du Père Noël et veiller à ce que les droits de chacun soient respectés.

Décembre 2025

Marine Dissoubray, Juriste Santarelli

Marine Dissoubray

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